Paul Valéry  » Il n’en retient que les propriétés nécessaires et suffisantes qui lui permettent de poursuivre un certain  » idéal »… »


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 » Mais toute politique tend à traiter les hommes comme des choses – puisqu’il s’agit toujours de disposer d’eux conformément à des idées suffisamment abstraites pour qu’elles puissent, d’une part, être traduits en actions, ce qui exige une extrême simplification de formules ; d’autre part, s’appliquer à une diversité indéterminée d’individus inconnus. La politique se représente ces unités comme des éléments arithmétiques puisqu’il se propose d’en disposer. Même l’intention sincère de laisser à ces individus le plus de liberté possible, et de leur offrir à chacun quelque manière, ces avantages, dont il arrive, parfois, qu’ils ne veulent guère, et parfois qu’ils pâtissent indirectement. On a vu des peuples se plaindre d’avoir été libérés. De toute façon, l’esprit ne peut, quand il s’occupe des  » hommes », que les réduire à des êtres en état de figurer dans ses combinaisons. Il n’en retient que les propriétés nécessaires et suffisantes qui lui permettent de poursuivre un certain  » idéal » ( d’ordre, de justice, de puissance ou de prospérité…) et de faire d’en société humaine une sorte d’œuvre, dans laquelle il se reconnaisse. il y a de l’artiste dans le dictateur, et de l’esthétique dans ses conceptions. Il faut donc qu’il façonne et travaille son matériel humain, et le rende disponible pour ses desseins. Il faut que les idées des autres soient émondées, élaborées, unifiées ; il faut que leur « spontanéité  » soient insidieusement réduite, pourvue de formules simples et fortes qui répondent à tout et préviennent en eux toute objection ; il faut que leurs sentiments soient repris et éduqués, et jusqu’à leurs manières, transformées, etc. ( Mais il faut cependant ne pas leur refuser ni détruire en eux ce qui doit y subsister d’initiative pour que l’œuvre que l’esprit poursuit ne souffre pas d’un excès de soumission et d’inertie chez ses agents.) Par là, l’esprit ( politique ); qui s’oppose dans tous les cas à l’homme, auquel il conteste sa liberté, sa complexité et sa variabilité, atteint, sous un régime dictatorial, la plénitude de son développement. » Paul Valéry, Regards sur le monde actuel, Extrait, 1934.
Lecture du samedi…
https://mirabel81.wordpress.com/2013/05/25/humour-il-faudra-donc-choisir-entre-chimpanzes-ou-aliens/

14 Réponses to “Paul Valéry  » Il n’en retient que les propriétés nécessaires et suffisantes qui lui permettent de poursuivre un certain  » idéal »… »”

  1. une petite chanson….

  2. il était déjà avisé et vous êtes avertis de la suite…

  3. un exemple type….de la mise à l’écart des peuples…

    http://diktacratie.com/desobeissons-a-lunion-europeenne/

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