Ciceron  » Alors celui qui commande aux autres n’est esclave lui-même d’aucune passion, toutes les tâches qu’il propose, il les assume lui-même… »


M-T-Cicero

« Que si un peuple libre choisit ceux à qui il confie sa destinée et si, parce qu’il veut son propre salut, il choisit les meilleurs, assurément c’est sur les décisions sages des meilleurs, que repose le salut de la cité, d’autant que, suivant le voeu de la nature, non seulement ce sont les plus capables et les mieux pourvus de force morale qui doivent commander aux faibles, mais il faut que les faibles veuillent leur obéir. Un état de choses si heureux n’a pu se maintenir, dit-on cependant, à cause des faux jugements portés par les hommes : dans leur ignorance de ce qui fait la valeur vraie dont la possession, la manifestation et le discernement même sont choses également rares, ils croient que les meilleurs sont les riches, les biens pourvus, ou encore ceux qui, par la naissance, appartiennent à une race illustre. Cette erreur du vulgaire fait que non plus les capacités, mais les intérêts de quelques-uns gouvernent l’Etat ; et les hommes ainsi placés au premier rang tiennent avec d’autant plus d’acharnement au nom d’élite qu’ils n’ont pas réellement les qualités qui distinguent une élite. La richesse, le nom, les ressources matérielles auxquelles ne se joignent ni la prudence dans le conseil ni l’observation d’une juste mesure dans la vie et dans l’exercice du commandement, sont choses sans noblesse et propres à engendrer un orgueil insolent ; nulle cité n’est plus éloignée de la perfection que celle où l’on croit que les plus riches sont les meilleurs. Que si au contraire la valeur morale gouverne l’Etat, que peut-il y avoir de plus beau ? Alors celui qui commande aux autres n’est esclave lui-même d’aucune passion, toutes les tâches qu’il propose, il les assume lui-même, à tous les appels qu’il adresse il est le premier à répondre, il n’impose pas au peuple de lois auxquelles il n’obéisse lui-même, c’est sa propre vie qu’il étale devant des concitoyens pour servir de loi. Si un seul avait en toutes matières une compétence suffisante, point ne serait besoin de plusieurs ; si tous pouvaient voir le meilleur et s’y attacher d’un même coeur, on ne chercherait pas de chefs choisis. La difficulté des décisions à prendre a fait qu’au lieu d’un roi unique, une pluralité d’individus a assumé la conduite des affaires ; de la multitude sans discernement, irréfléchie, elle est passée aux mains de quelques-uns. Ainsi, entre l’insuffisance d’un seul et l’irréflexion de la multitude, les membres de l’élite ont occupé une position moyenne et nul régime n’a davantage le caractère d’un juste milieu. Quand cette aristocratie veille sur la chose publique, les peuples sont nécessairement heureux, ils sont libres de tout souci, dispensés de toute recherche, leur repos est assuré par d’autres et les premiers de la cité qui assument cette tâche doivent prendre garde que le peuple ne puisse croire que ses intérêts sont négligés. L’égalité de droits à laquelle s’attachent les démocraties est impossible à maintenir ; car les peuples les moins disciplinés, les plus rebelles au frein, accordent beaucoup d’avantages à un grand nombre de personnes ; il y a chez eux beaucoup de privilégiés et de situations recherchées, et cette prétendue égalité est en outre tout à fait contraire à l’équité. Placer au même rang ceux qui s’élèvent le plus haut et ceux qui tombent le plus bas, comme il s’en trouve nécessairement en tout peuple, c’est une façon très inique d’entendre la justice, et c’est ce qui ne peut arriver dans les cités où règnent les meilleurs. »CICERON, De la République des Lois, Extrait.

« Cicéron (en latin Marcus Tullius Cicero), né le 3 janvier 106 av. J.-C. à Arpinum en Italie et assassiné le vendredi 7 décembre 43 av. J.-C. (calendrier julien) à Gaète, est un homme d’État romain et un auteur latin.
Citoyen romain issu de la bourgeoisie italienne, Cicéron n’appartient pas à la noblesse, ce qui en principe ne le destine pas à un rôle politique majeur. Contrairement à ses contemporains Pompée et Jules César, la carrière militaire ne l’intéresse pas, et après une solide formation à la rhétorique et au droit, il réussit grâce à ses talents d’avocat à se constituer suffisamment d’appuis pour parvenir en 63 av. J.-C. à la magistrature suprême, le consulat…. » lire la suite de l’article ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cic%C3%A9ron

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