Chaman sioux Tahca-Ushte  » Quand un peuple commence à anéantir son propre symbole, on ne peut pas dire… »


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« … La cupidité, elle, est une forme inverse de soif, apparemment plus perspicace, mais en réalité tout aussi absurde : elle consiste à ne plus voir dans l’univers qu’une immense boutique, un magasin, quitte à risquer la ruine totale de cette planète.
C’est sans doute ici, où le débat porte essentiellement sur la relation des » grandes personnes » à la nature, qu’il faut prêter l’oreille à la voix de tous les » enfants de la nature « , si l’on veut saisir l’actualité brûlante de la critique du Petit Prince d’une culture fondée sur les « affaires », le « profit » et le « marketing ».
» L’homme blanc fait vraiment preuve d’uen arrogance répugnante, déclare par exemple le chaman sioux Tahca-Ushte, lorsqu’il se met au-dessus de Dieu et déclare : » Je laisserai la vie à cet animal, car il me rapporte de l’argent », ou : » Il faut que je m’en débarassse ; il n’est plus rentable, car je pourrai tirer plus de revenu de la place qu’il occupe. » » Pour le blanc, chaque brin de paille et toutes les sources ont leur prix affiché. » » Et la prairie deviendra lentement un paysage sans vie – plus de chiens de prairies, plus de blaireaux, plus de renards, plus de coyotes. Les grands rapaces se nourissaient naturellement de chiens de prairie. Aujourd’hui tu ne vois plus d’aigles que fort rarement. L’aigle à tête blanche est le symbole de ce pays. Tu le vois sur votre monnaie, mais votre monnaie le tue. Quand un peuple commence à anéantir son propre symbole on ne peut pas dire qu’il soit sur la meilleure voie. »
L’Indien tatanga Mant va dans le même sens : » Il y a beaucoup de choses absurdes dans votre civilisation. Vous, les Blancs, vous courez après l’argent jusqu’à en avoir tant que vous n’avez plus assez de temps à vivre pour le dépenser. Vous pillez les forêts, le sol, vous gaspillez les combustibles naturels comme s’il n’y avait après vous aucune génération à en avoir besoin. » Indépendamment de l’accent » écologique « , qui n’était pas totalement étranger à Saint-Exupéry, mais qui ne trouve pas d’expression directe dans le Petit Prince, ces critiques que les « enfants de la nature » adressent à notre « culture » touchent exactement le problème que le Petit Prince considère comme absolument aberrant chez certaines » grandes personnes » : la tendance forcenée à tout transformer en bel et bon argent… »Eugen Drewermann, L’essentiel est invisible, Une lecture psychanalytique du Petit Prince, Extrait, 1984.

2 Réponses to “Chaman sioux Tahca-Ushte  » Quand un peuple commence à anéantir son propre symbole, on ne peut pas dire… »”

  1. La cupidité ne concerne pas seulement l’homme blanc. La cupidité touche tous les hommes de « pouvoir ».

    Le pouvoir politique et le pouvoir économique rend arrogant et cupide. Le pouvoir rend fou ceux qui ne sont plus humbles face à la Vie parce qu’ils se sont déracinés en croyant que le pouvoir de l’argent les immunisait contre notre condition terrestre de mortel.

    • oui, ces quelques mots d’un connaisseur des hommes du pouvoir le confirment…
      « …. puis, dénudant sa large bedaine peinte aux trois couleurs, il battra dessus le rappel et énumérera les délicieuses petites bêtes, les ortolans, les truffes, les verres de Margaux et d’Yquem qu’il y a engloutonnés pour encourager l’agriculture et tenir en liesse les électeurs de Belleville.
      Dans la baraque, on débutera par la Farce électorale.
      Devant des électeurs à tête de bois et à oreilles d’ânes, les candidats bourgeois, vêtus en paillasse, danseront la danse des libertés politiques, se torchant la face et la post-face avec leurs programmes électoraux aux multiples promesses, et parlant avec des larmes dans les yeux des misères du peuple et avec du cuivre dans la voix des gloires de la France : et les têtes des électeurs de braire en chœur et solidement hi han ! hi han !
      Puis commencera la grande pièce : Le Vol des biens de la Nation… » Paul Lafargue,Le Droit à la paresse,Extrait, 1883.
      Voyons ce que nous disait déjà le grand Spinoza en 1667 : » En revanche, les hommes politiques songeraient, croit-on, bien plus à tendre des embûches aux hommes qu’à les servir utilement et leurs actes seraient inspirés bien plus par la ruse que par la sagesse. Ne savent-ils point, par expérience, qu’il n’y a pas d’hommes sans défauts ? C’est pourquoi, en vue de déjouer la méchanceté des hommes, ils ont recours à toutes sortes de procédés éprouvés – qui font appel au sentiment de crainte, bien plus qu’au raisonnement. Mais l’application d’une telle tactique semble en contradiction avec les enseignements de la religion – ou plutôt des théologiens, d’après lesquels même les souveraines Puissances devraient administrer les affaires publiques dans le plein respect des principes sacrés de moralité, auxquels les particuliers sont dans l’obligation d’obéir. »…
      voyez aujourd’hui la nouvelle religion qui est obligatoire que pour le peuple !…
      http://www.les-crises.fr/le-delire-de-lapologie-du-terrorisme-2-2/

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