Archive pour avril, 2015

Charles Baudelaire  » Et tu connais la caresse qui fait revivre les morts ! …. »

Posted in Non classé on 29 avril 2015 by Léon Roumagnac

Chanson d’après-midi.

Quoique tes sourcils méchants
Te donnent un air étrange
Qui n’est pas celui d’un ange,
Sorcière aux yeux alléchants,

Je t’adore, ô ma frivole,
Ma terrible passion !
Avec la dévotion
Du prêtre pour son idole.

Le désert et la forêt
Embaument tes tresses rudes,
Ta tête a les attitudes
De l’énigme et du secret.

Sur ta chair le parfum rôde
Comme autour d’un encensoir ;
Tu charmes comme le soir,
Nymphe ténébreuse et chaude.

Ah ! Les philtres les plus forts
Ne valent pas ta paresse,
Et tu connais la caresse
Qui fait revivre les morts !

Tes hanches sont amoureuses
De ton dos et de tes seins,
Et tu ravis les coussins
Par tes poses langoureuses.

Quelquefois, pour apaiser
Ta rage mystérieuse,
Tu prodigues, sérieuse,
La morsure et le baiser ;

Tu me déchires, ma brune,
Avec un rire moqueur,
Et puis tu mets sur mon cœur
Ton œil doux comme la lune.

Sous tes souliers de satin,
Sous tes charmants pieds de soie,
Moi, je mets ma grande joie,
Mon génie et mon destin,

Mon âme par toi guérie,
Par toi, lumière et couleur !
Explosion de chaleur
Dans ma noire Sibérie !
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1821-1867,

Jean Baudrillard  » C’est un lieu d’une catastrophe, et non plus une crise. Les choses s’y précipitent au rythme d’une technologie, y compris les technologies douces et psychédéliques… »

Posted in Non classé on 29 avril 2015 by Léon Roumagnac

- Ces simples matériaux bruts...

 » Le transpolitique, c’est la transparence et l’obscénité de toutes les structures dans un univers déstructuré, la transparence et l’obscénité du changement dans un univers déhistorisé, la transparence et l’obscénité de l’information dans un univers désévénementialisé, la transparence et l’obscénité de l’espace dans la promiscuité des réseaux, la transparence et l’obscénité du social dans les masses, du politique dans la terreur, du corps dans l’obscénité et le clonage génétique… Fin de la scène du phantasme, fin de la scène du corps – irruption de l’obscène. Fin du secret – irruption de la transparence.
Le transpolitique est le mode de disparition de tout cela ( ce n’est plus le mode de production, c’est le mode de disparition qui est passionnant ), cette courbure maléfique qui met fin à l’horizon du sens. La saturation des systèmes les amène à leur point d’inertie : l’équilibre de la terreur et de la dissuasion, la ronde orbitale des capitaux flottants, des bombes H, des satellites d’information…et des théories, elles-mêmes flottantes, satellites d’un référentiel absent. Obésité des systèmes de mémoire, des stocks d’information qui ne sont d’ores et déjà plus traitables – obésité, saturation d’un système de destruction nucléaire excédant d’ores et déjà ses propres fins, excroissant, hypertélique. Le transpolitique, c’est cela aussi : le passage de la croissance à l’excroissance, de la finalité à l’hypertélie, des équilibres organiques aux métastases cancéreuses. C’est un lieu d’une catastrophe, et non plus une crise. Les choses s’y précipitent au rythme d’une technologie, y compris les technologies douces et psychédéliques, qui nous entraînent de plus en plus loin de tout réel, de toute histoire, de tout destin. Mais si le secret est de plus en plus traqué par la transparence, si la scène ( non seulement celle du sens, mais aussi la puissance d’illusion et de séduction des apparences ) est de plus en plus traquée par l’obscène, l’énigme pourtant, consolez-vous, reste entière – y compris celle du transpolitique. » Jean Baudrillard, Les Stratégies fatales, Extrait, 1983.

Lecture du mercredi…

Jean-Baptiste Poquelin  » Soumettez-vous aux volontés d’Amour, aimez pendant que vous êtes charmante… »

Posted in Non classé on 28 avril 2015 by Léon Roumagnac

Stances galantes

Souffrez qu’Amour cette nuit vous réveille ;
Par mes soupirs laissez-vous enflammer ;
Vous dormez trop, adorable merveille,
Car c’est dormir que de ne point aimer.

Ne craignez rien ; dans l’amoureux empire
Le mal n’est pas si grand que l’on le fait
Et, lorsqu’on aime et que le coeur soupire,
Son propre mal souvent le satisfait.

Le mal d’aimer, c’est de vouloir le taire :
Pour l’éviter, parlez en ma faveur.
Amour le veut, n’en faites point mystère.
Mais vous tremblez, et ce dieu vous fait peur !

Peut-on souffrir une plus douce peine ?
Peut-on subir une plus douce loi ?
Qu’étant des coeurs la douce souveraine,
Dessus le vôtre Amour agisse en roi ;

Rendez-vous donc, ô divine Amarante !
Soumettez-vous aux volontés d’Amour ;
Aimez pendant que vous êtes charmante,
Car le temps passe et n’a point de retour.
Jean-Baptiste Poquelin, dit MOLIERE,1622-1673.

Évariste Carpentier , artiste peintre…..

Posted in Non classé on 27 avril 2015 by Léon Roumagnac

Henri Laborit  » Une tige qui s’orna bientôt d’une fleur. Mais il n’y avait plus personne pour la sentir… »

Posted in Non classé on 27 avril 2015 by Léon Roumagnac

Coquelicot(1)

« ..Les hiérarchies occupèrent l’espace humain. Elles distribuèrent les objets et les êtres, le travail et la souffrance, la propriété et le pouvoir. Les plumes bariolées des oiseaux de mes rêves remplissaient l’espace au hasard comme le nuage qui s’échappe de l’oreiller que l’on crève avec un couteau. Au lieu de conserver la majestueuse ordonnance de la gorge qui les avait vus naître, elles s’éparpillaient au hasard, rendant l’air irrespirable, la terre inhabitable, l’eau impropre à tempérer la soif. Les rayons du soleil ne trouvèrent plus le chemin qui les guidait jusqu’au monde microscopique capable de les utiliser pour engendrer la vie. Les plantes et les fleurs asphyxiaient, les espèces disparurent et l’homme se trouva seul au monde… »pour lire la suite de l’article ici : http://diktacratie.com/au-faite-de-mon-clocher/

« Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change. »
— Henri Laborit, Mon oncle d’Amérique, Extrait.

Etienne JODELLE  » Qui esclave a rendu ma franche liberté…… »

Posted in Non classé on 27 avril 2015 by Léon Roumagnac

Si quelqu’un veut savoir qui me lie et enflamme

Si quelqu’un veut savoir qui me lie et enflamme,
Qui esclave a rendu ma franche liberté,
Et qui m’a asservi, c’est l’exquise beauté,
D’une que jour et nuit j’invoque et je réclame.

C’est Le feu, c’est Le noeud, qui lie ainsi mon âme,
Qui embrase mon coeur, et le tient garotté
D’un lien si serré de ferme loyauté,
Qu’il ne sauroit aimer ni servir autre Dame.

Voilà le Feu, le Noeud, qui me brûle, et étreint :
Voilà ce qui si fort à aimer me contraint
Celle à qui j’ai voué amitié éternelle,

Telle que ni le temps ni la mort ne sauroit
Consommer ni dissoudre un lien si étroit
De la sainte union de mon amour fidèle.
Etienne JODELLE,1532-1573.

Ani Choying Drolma – Great Compassion Mantra…..

Posted in Non classé on 26 avril 2015 by Léon Roumagnac