Une dictée  » Chez le maréchal…. »


 » Nous étions installés au fond de la boutique rouge et chaude traversée par des glacials coups de vent. Le maréchal et son ouvrier, l’un soufflant la forge, l’autre battant le fer, jetaient sur le mur de grandes ombres brusques…De temps à autre, le travail paisible et régulier de la boutique s’interrompait pour un instant. Le maréchal laissait, à petits coups pesants et clairs, retomber son marteau sur l’enclume. Il regardait, en l’approchant de son tablier de cuir, le morceau de fer qu’il avait travaillé. Et, redressant la tête, il nous disait, histoire de souffler un peu :  » Eh bien ! ça va, la jeunesse ? » L’ouvrier, resté la main en l’air à la chaîne du soufflet, mettait son poing gauche sur la hanche et nous regardait en riant. Puis le travail sourd et bruyant reprenait.  » Alain Fournier, Le grand Meaulnes, Extrait, Session 1960.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :