Histoire : La correspondance d’Eulalie du Tableau du libertinage de Paris en 1785…


Lettre de Mlle Felmé.
Paris, ce 7 décembre 1782.
 » Tu n’as cessé, mon cœur, de me vanter les jolis vers que t’envoyait Julie, et de me mander combien cela t’amusait. dans peu je t’en enverrai qui, je crois, ne t’ennuieront pas.
Je ne sais si à Bordeaux c’est comme ici. maintenant toutes les modes sont à la Malbrough : il n’y a pas même jusqu’aux chansons qui sont sur l’air de Malbrough. L’origine de cela est que le roi étant allé avec la reine voir Monseigneur le dauphin, ils trouvèrent sa nourrice qui chantait pour l’endormir. Ils voulurent savoir quelle chanson, et elle leur chanta Malbrough s’en-va-t-en guerre. Le roi et la reine en rirent beaucoup, et cela fut assez pour qu’on fît tout à la Malbrough.
Le beau D*** a eu la petite vérole ; on dit qu’il en est tout défiguré. J’en suis charmée ; il était trop infatué de sa figure, il ne regardait jamais une femme sans qu’il n’ait l’air de dire : en vérité je vous fais trop d’honneur, avouez que vous seriez bien aise de me posséder. Les femmes devraient bien se liguer contre cette espèce d’hommes. mais il me semble que plus un homme est fat et impertinent, plus les femmes le recherchent. Que nous avons grand tort ! Quand ouvrirons-nous les yeux ? Adieu, mon cœur, je te suis attachée pour la vie. »
Sources : Lettre à Eulalie du Tableau du libertinage de Paris, 1784… Avec la vie de plusieurs filles célèbres de ce siècle, Paris est une de ces villes immenses, où quantité de riches débauchés, qui ne sont occupés que d’acheter des plaisirs honteux que l’indigence s’empresse de leur vendre, Londres, chez Jean Nourse, libraire 1785.

Note de l’éditeur : » On croit généralement que la chanson de Malbrough fut composée par quelque loustic de régiment, après la bataille de Malplaquet et les grands désastres infligés à la France par lord Churchill, duc de Marlborough. Le bruit de la mort du général anglais avait un moment couru après la bataille, et c’est là-dessus que la facétieuse romance fut composée. Toutefois, on ne voit pas qu’elle ait été populaire avant la fin du XVIIIème siècle. On ne la connaissait pas à Paris avant 1781, époque à laquelle Marie-Antoinette l’apprit de Madame Poitrine, nourrice du dauphin, qui l’avait rapportée de sa province où, paraît-il, on la chantait de puis longtemps. Ce fut la cour de Louis XVI qui la mit à la mode. Sic comédies sur ce thème furent représentées sur les théâtres parisiens dans les années 1783-1784…. »

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