Emile Verhaeren  » La neige blanche essaime au loin ses duvets blancs, et met, au bord des toits et des chaumes branlants… »


En hiver

Le sol trempé se gerce aux froidures premières,
La neige blanche essaime au loin ses duvets blancs,
Et met, au bord des toits et des chaumes branlants,
Des coussinets de laine irisés de lumières.

Passent dans les champs nus les plaintes coutumières,
A travers le désert des silences dolents,
Où de grands corbeaux lourds abattent leurs vols lents
Et s’en viennent de faim rôder près des chaumières.

Mais depuis que le ciel de gris s’était couvert,
Dans la ferme riait une gaieté d’hiver,
On s’assemblait en rond autour du foyer rouge,

Et l’amour s’éveillait, le soir, de gars à gouge,
Au bouillonnement gras et siffleur, du brassin
Qui grouillait, comme un ventre, en son chaudron d’airain.

Emile Verhaeren

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Une Réponse to “Emile Verhaeren  » La neige blanche essaime au loin ses duvets blancs, et met, au bord des toits et des chaumes branlants… »”

  1. J’espère qu’on l’a verra cet hiver malgré les quelques désagréments qu’elle amène c’est tellement beau

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