Bernard de Ventadour  » Le fin’amor me tient si frais et joyeux que la neige est pour moi fleur blanche et vermeille…. »


 » La réalisation consciente de l’unité intérieure est inséparable de la relation humaine qui en est une condition indispensable car, sans lien consciemment reconnu et accepté avec le prochain, il n’y a pas de synthèse de la personnalité. » Carl Gutav Jung, La Psychologie du transfert, Extrait.

Le commentaire de la vidéo sur le troubadour Bernard de Ventadour – Ara non vei luzir solelh (1145-1195)
par Emmanuel Bouquey, Olivier Marcaud, Jean-Paul Rigaud, Evelyne Moser.
Traduction de l’Occitan :
« Je ne vois pas luire le soleil maintenant,
tant ses rayons se sont obscurcis pour moi;
je ne m’en émeus guère,
parce qu’une clarté m’ensoleille d’amour,
qui dans mon coeur rayonne;
et, là où les autres s’inquiètent,
je deviens meilleur au lieu de sombrer;
parce que mes chants ne déclinent pas.

Les prés me semblent verts et vermeils,
comme au doux temps de mai;
le fin’amor me tient si frais et joyeux,
que la neige est pour moi fleur blanche et vermeille
et l’hiver ressemble aux calendes de mai,
car la plus noble et la plus joyeuse
a promis de m’accorder son amour.
Mais ne reprendra-t-elle pas sa promesse?

Les mauvais conseils me font peur;
par eux le monde déchoit et se meurt;
car les fourbes s’assemblent maintenant,
demandant l’un à l’autre conseil
pour faire déchoir le noble amour.
Ah! sachez mauvaises gens,
que ceux qui croient à vos conseils,
perdent Dieu et leur foi en Lui.

Nuit et jour je pense, médite et veille,
je me lamente et soupire; et puis, je m’apaise.
Mieux je vais, pire je me sens.
Mais une bonne espérance me réveille
et apaise mes angoisses.
Fou! pourquoi je dis que je souffre?
Car je désire un amour si riche,
que ce seul désir est en lui-même un grand bien.

Que ma dame ne s’émerveille donc pas si je lui demande
de me donner son amour et e m’embrasser!
Contre la folie que je me reproche,
elle fera une belle merveille
si elle m’enlace et me donne un baiser.
Dieu! arrivera-t-elle qu’on dise de moi:
« ah! que vous êtes changé depuis que je vous vis »,
à cause du bonheur dont je témoignerai.

Fin’Amor, je m’attache à vous;
non que cela m’échoie de droit, mais parce que par votre merci (je crois que Dieu me le permet)
fin’amor m’est accordé.
Ah! dame, de grâce, qu’il vous plaise
d’avoir pitié de votre amant,
puisqu’il implore si noblement votre merci!

Bernard demande merci à sa dame,
merci qu’il implore d’elle si noblement. »

Publicités

2 Réponses to “Bernard de Ventadour  » Le fin’amor me tient si frais et joyeux que la neige est pour moi fleur blanche et vermeille…. »”

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :