Archives de janvier, 2007

– L’Absence de Tout…

Posted in Santé et bien-être on 30 janvier 2007 by Léon Roumagnac

Tout est là, sauf vous. Vous appelez cela : la perte du goût. C'est un nom comme un autre...C. Bobin. 

  De l’enfance vous ne gardez aucun souvenir. De l’enfance vous ne retenez qu’une maladie. C’est une maladie sans nom. Elle vous vient du ciel tournant d’automne. Elle vous vient de nulle part comme tout ce qui vous est proche. Avec elle revient le ciel plombé d’enfance : le manque de sens, l’absence de tout. L’histoire est toujours la même, mais il ne sert à rien de le savoir. Une lumière se détache du ciel vif. Elle descend sur le coeur qu’elle recouvre tout entier. Elle vous apprend votre disgrâce. Elle vous enseigne votre néant. Tout est là. Vous avez du silence, de l’espace et du temps. Vous avez tout ce qui fait l’agrément de la vie quand la vie manque. Tout est là, sauf vous. Vous appelez cela : la perte du goût. C’est un nom comme un autre. C’est un nom par défaut. C’est un nom équivalent à tous ceux que vous pourriez trouver, qui n’en diraient pas plus. Le temps passe désormais sans vous, c’est à dire qu’il ne passe plus. Il s’entasse. Un temps comme un ciel bas. Une neige de temps gris. La petite aiguille du sang, celle des minutes, et la grande aiguille de la conscience, celle des heures, se superposent. Il est minuit, vous êtes en retard, le carrosse et le beau costume vont disparaître, le charme va se dissoudre, rien n’est arrivé. Vous êtes en retard sur vous même, vous n’êtes pas encore né, vous êtes personne. Vous ne faites rien. Vous en pouvez rien faire, n’étant plus rien. 
Christian BOBIN, La part manquante,Le billet d’excuse, Extrait.

– L’Archet d’Or…

Posted in Santé et bien-être on 29 janvier 2007 by Léon Roumagnac

Que ce soit l'archet d'or ou la harpe éolienne...

Quel charme elle exerçait ! Comment tous les visages
S’animaient tout à coup d’un regard de ses yeux!
Car, hélas! que ce soit, la nuit dans les orages,
Un jeune rossignol pleurant au fond des bois,
Que ce soit l’archet d’or, la harpe éolienne,
Un céleste soupir, une souffrance humaine,
Quel est l’homme, aux accents d’une mourante voix,
Qui, lorsque pour entendre il a baissé la tête,
Ne trouve dans son coeur, même au sein d’une fête,
Quelque larme à verser, – quelques doux souvenir
Qui s’allait effacer et qu’il sent revenir ?
Musset, Le Saule, Extrait.

– Restauration d’un culte…

Posted in Actualités et politique on 29 janvier 2007 by Léon Roumagnac

On remplace Dieu comme on peut ; car tout dieu est bon, pourvu qu'il perpétue dans l'éternité notre désir d'une solitude capitale... 

  Ayant usé ma qualité d’homme, rien ne m’est plus d’aucun profit. Je n’aperçois partout que des bestiaux à l’idéal qui s’attroupent pour bêler leurs espoirs… Ceux mêmes qui ne vécurent point ensemble, on les y contraint comme fantômes, sinon à quelle fin a-t-on conçu la " communion " des saints ?… A la poursuite d’un véritable solitaire, je passe les âges en revue, et n’y trouve et n’y jalouse que le Diable… La raison le bannit, le coeur l’implore… Esprit de mensonge, Prince des Ténèbres, le Maudit, l’Ennemi, – combien il m’est doux de me rémémorer les noms qui flétrirent sa solitude ! et combien je le chéris dans son premier état ! Je crois en Lui de toute mon incapacité de croire. Sa compagnie m’est nécessaire : l’être seul va vers le plus seul, vers le Seul… Je me dois d’y tendre : ma puissance d’admirer – de peur de demeurer sans emploi – m’y oblige. Me voilà face à mon modèle : en m’y attachant, je punis ma solitude de n’être point totale, j’en forge une autre qui la dépasse : c’est ma façon d’être humble…On remplace Dieu comme on peut ; car tout dieu est bon, pourvu qu’il perpétue dans l’éternité notre désir d’une solitude capitale…
Cioran, Précis de décomposition.

– L’Âme humaine…

Posted in Santé et bien-être on 29 janvier 2007 by Léon Roumagnac

Petite âme vagabonde et luisante... 

Petite âme vagabonde et luisante,
Hôtesse et compagne du corps,
 Flamme ou petite étincelle
Ensevelie sous les ténèbres
Fumantes de l’enfer, hélas ! je suis emportée
Comme une vaine image, fable de l’ombre
Ou noire épouse pleurant
Son corps comme un mari défunt.
Je me condamne à la peine de naître,
Ni vivante ni morte,
Pareille à la chauve-souris,
 Aprés la chute du jour divin,
Je me traîne nocturne et ennuyée
Jusqu’à la résurrection de Lucifer ( l’étoile du matin).
 
Hadrien, l’ Empereur, un grand érudit.

– Le programme social…

Posted in Actualités et politique on 28 janvier 2007 by Léon Roumagnac

En distribuant les légumes et les fruits de mes parcs, je secours des vies, mais j'incite en même temps des gens qui n'ont rien accompli à disputer ces largesses aux sujets méritants.... 

 Nos docteurs proclament sitôt qu’on leur demande leur avis sur la politique sociale : " – Il faut donner aux pauvres et subvenir aux besoins des plus démunis. " …Les pauvres sont des prodigues et des paresseux ; les gens travailleurs et économes sont riches. Or les princes prélèvent des impôts sur les riches afin d’aider les pauvres : c’est ranconner l’économie et le travail pour encourager la paresse et la prodigalité ! Il est tout à fait vain d’espérer inciter le peuple à s’activer à l’ouvrage et lui donner le sens de l’économie avec cette politique.
Han-Fei, 3 ème siècle avant notre ère.

– Le Baiser païen…

Posted in Santé et bien-être on 28 janvier 2007 by Léon Roumagnac

Frémir le baiser qui enivre et féconde...

Parmi les épis d’or, en face du soleil rutilant
Qui incendie la vallée,
Dans le sillon fumant, Il l’a embrassée sur sa bouche tiède.
Le ciel rit sans nuage et rit le froment
Au couple ravi ;
Et, puissamment, autour du baiser franc et sain,
Jubile la vie universelle.
Les rouges corolles entrouvertes embaument
Comme des bouches haletantes d’amour.
Dans les brises diffuses s’élance
Le chant allègre de la terre en fleur.
Souriants ils s’embrassent au coeur des verdures
Les deux jeunes amants
Pendant qu’une trille d’hirondelles se perd
Sous l’arche des cieux azurés.
Et partout, sous les halliers ombreux,
Dans les calices de fleurs, dans les blondes moissons,
Dans les nids mystérieux,
Frémir le baiser qui enivre et féconde.
 
Ada Negri.

– Le génie de la Vallée…

Posted in Actualités et politique on 27 janvier 2007 by Léon Roumagnac

Voilà pourquoi ils doivent prolonger leur existence... 

Le génie de la vallée ne meurt pas.
Là réside la femelle obscure.
Dans l’huis de la femelle obscure,
Réside la racine du ciel et de la terre.
 
Sultil et ininterrompu, il paraît durer.
Sa fonction ne s’épuise jamais.
 
Lao-tseu, Tao-tö king.